Chaque matin, j'ouvre mon quotidien favori et, incrédule, je me frotte les yeux en lisant un des nouveaux caprices du Prince. Interloqué, je recommence alors la même opération plusieurs fois : je frotte, je lis ! je frotte, je lis ! je frotte, je lis ! .... mais rien n'y fait, rien ne se passe, rien ne s'efface. Les mêmes mots continuent de défiler en un inquiétant cortège qui indique en lettre capital toujours le même slogan : régression démocratique. Contre ces maux, pas de conjuration possible, une seule alternative : le combat ou l'abandon.Car le Sarkozysme ne représente pas un idéal auquel on adhère, mais plutôt un fantasme, celui de la toute puissance. Le Sarkozysme n'est pas une doctrine mais un sport de combat dont le champ de bataille s'étend à la société tout entière.
Dernière cible en date du N(a)inja : la culture. Dans une indifférence assez surprenante, "El Présidente" a annoncé la mise en place d'un Conseil pour la Création artistique directement sous sa tutelle. En effet, qui aurait les épaules assez larges pour porter cette ambition de faire de la culture "la réponse de la France à la crise économique" hormis le Président him-self ?
D'autant que vous vous en doutez déjà, le secteur de la culture est gangrené par des "décennies de mauvaises habitudes", notamment du fait d'un Etat qui n'arrive pas "à faire des choix et à assumer ses responsabilités" en matière d'aide à la création artistique. Alors bien sûr, il va falloir bousculer "la pensée unique, le sectarisme, les sectes qui voudraient vous inscrire tous dans des petits milieux alors que la culture doit rayonner pour tous".
Et devinez qui va s'y coller pour donner un bon coup de torchon ? Il faut au moins un gars capable d'affirmer sans rire : "Ma parole est plus libre que celui qui produit et qui doit faire attention à ce qu'il dit (...) c'est donc à moi de donner un coup de pied dans la fourmilière, de bousculer les choses" ; un type qui ne recule pas devant des formules pompeuses du type "Je veux que ça bouge, je veux que ça change, je veux que la culture soit notre réponse à la crise économique mondiale (...)". Il n'y en qu'un, évidemment, Sarkozy bien sûr.
Vu les goûts affichés par "notre grand homme", je suis déjà tout émoustillé à l'idée de cette révolution culturelle. Ha ! enfin pouvoir se poiler avec Bigard et Clavier ! Prendre un peu de hauteur poétique en déclamant du Barbelivien ! S'enflammer sur les chansons à texte d'Enrico ! Essuyer discrètement une larme en écoutant mireille Mathieu chanter la France éternelle !
Allez dehors les théatreux intellos, les rockers dégénérés, les rappeurs insolents, le cinéastes qui se prennent pour des auteurs, .... parce que "Encourager la diversité sans égard pour la qualité, ce serait possible dans une ère d'abondance. A l'ère de l'économie, il faut faire des choix, et des choix justes".
En résumé, un nouveau front vient de s'ouvrir.
2 Comments:
Pas grand chose à rajouter.
Reste à continuer la mobilisation initiée le 29 Janvier, même si pour le Français (trop?) moyen cela signifie perdre encore un peu plus de son pouvoir d'achat afin qu'un président élu par le peuple (enfin, une grande partie du peuple, quand même...)daigne enfin tenir compte de la colère et des difficultés de ce même peuple...
Qui sait ? L'autisme politique est peut-être curable...
Heu...Pourquoi un deuxième message? Et bien je viens de parcourir une petite partie de ce blog et j'aurai presque honte du contenu (au combien futile) du mien ! Ces posts sont utiles, renseignés, partisans certes (mais c'est aussi ce que j'aime),édifiants...Bon j'ai plus d'adjectifs là.
Qui plus est, fan de la première heure de Noir Dès' et de Bashung, j'ai découvert Eiffel, et là, c'est la cerise sur le gâteau.
Pour le coup, tu as le droit de figurer dans mes liens favoris de mon blog (si tu le permets, bien sûr...)
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